Le moustique végétarien : l’incroyable histoire de l’insecte qui refusait de piquer
Certaines histoires paraissent tellement absurdes qu’on les croit immédiatement fausses. Pourtant, après avoir mené une enquête aussi sérieuse qu’inutile, nous sommes tombés sur un spécimen qui remet en question tout ce que nous pensions savoir sur les moustiques.
Une rencontre qui a changé ma vision des moustiques
Comme tout le monde, je déteste les moustiques.
Ils apparaissent toujours au pire moment. Vous êtes tranquillement installé dans votre jardin, un verre à la main, profitant d’une douce soirée d’été.
Puis vient ce bruit.
BZZZZZZ...Ce bruit si caractéristique qui vous fait immédiatement passer du mode détente au mode ninja.
On tape dans tous les sens. On regarde son bras. On inspecte ses jambes. On vérifie même sous la table, comme si le moustique avait décidé de s’y cacher en attendant que la situation se calme.
Et bien sûr, il a disparu.
Jusqu’au moment où il revient vous chanter dans l’oreille.
Mais celui que j’ai rencontré ce soir-là était différent.
Très différent.
Le moustique le plus étrange du monde
Il tournait autour de moi depuis plusieurs minutes.
Je lui tendis mon bras.
Rien.
Je retroussai ma manche.
Toujours rien.
Je me dis alors que celui-là était vraiment mauvais dans son métier. Peut-être un stagiaire. Ou un moustique envoyé là par erreur après avoir raté sa formation.
C’est à ce moment précis qu’il se posa sur une tomate de mon potager.
Je le regardai, intrigué.
Il ne piquait pas la tomate.
Il la léchait délicatement, comme s’il dégustait un grand cru dans un restaurant hors de prix.
Une conversation totalement improbable
Je crus d’abord avoir été victime d’une insolation.
Puis le moustique releva la tête et me regarda.
— Ne me jugez pas...
— Vous... vous parlez ?
— Oui. Mais uniquement avec les gens qui cultivent des tomates.
Je ne savais plus quoi répondre.
Il reprit calmement :
— Je suis végétarien.
Il fallait bien que cela arrive un jour.
Une espèce rejetée par les autres moustiques
Le moustique m’expliqua qu’il était considéré comme le mouton noir de sa colonie.
Les autres moustiques passaient leurs nuits à piquer des campeurs, des vacanciers et des gens suffisamment imprudents pour dormir avec la fenêtre ouverte.
Lui préférait les fraises bien mûres.
Il raffolait du jus de pastèque et avait même un faible pour les concombres.
— Les autres disent que je fais honte à la profession.
— Pourquoi ?
— Parce qu’à cause de moi, les humains pensent parfois qu’ils peuvent dormir les fenêtres ouvertes.
Une réunion secrète derrière la haie
Par curiosité, j’acceptai son invitation.
Le soir même, il m’emmena derrière une vieille haie au fond du jardin. Des dizaines de moustiques étaient réunis autour d’un bouchon de bouteille transformé en estrade.
Le président de la colonie prit la parole.
— Camarades ! Les ventes de démangeaisons sont en baisse !
Toute l’assemblée applaudit.
Puis il désigna mon nouvel ami.
— Et voici Gérard...
— Celui qui boit du jus de tomate !
Des huées retentirent immédiatement.
— Salade !
— Courgette !
— Vegan !
Le pauvre Gérard baissa les ailes.
Son rêve était pourtant simple
Après la réunion, je lui demandai pourquoi il refusait de piquer les humains.
Il soupira.
— Vous avez déjà goûté une tomate du jardin ?
— Oui.
— Eh bien voilà.
Fin de la discussion.
Pour lui, aucune goutte de sang ne pouvait rivaliser avec une tomate cueillie au soleil.
Je ne pouvais pas vraiment lui donner tort.
Une journée dans la vie d’un moustique végétarien
Pendant plusieurs jours, je l’observai.
Le matin, il butinait les fleurs.
À midi, il dégustait une framboise.
L’après-midi, il faisait une sieste sous une feuille de salade.
Le soir, il allait admirer les potagers du quartier.
Pendant ce temps-là, les autres moustiques organisaient des concours de piqûres et comparaient leurs trophées.
Gérard, lui, comptait les tomates cerises.
Les scientifiques ne veulent rien entendre
J’ai bien essayé d’en parler autour de moi.
Personne ne m’a cru.
Un voisin m’a simplement répondu :
— Tu devrais arrêter le rosé.
Pourtant, les preuves étaient là.
Je n’avais aucune piqûre.
En revanche, trois tomates avaient mystérieusement disparu.
Coïncidence ?
Je ne pense pas.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes
Selon l’Institut international des études complètement inutiles :
- 98 % des moustiques préfèrent le sang ;
- 1 % préfèrent le nectar ;
- 1 % était une mouche qui s’était trompée de questionnaire.
L’étude précise également qu’un moustique végétarien peut rester plus de trois heures devant un plant de basilic sans montrer le moindre signe d’agressivité.
Ce comportement intrigue encore les chercheurs.
Enfin, ceux qui acceptent d’étudier le sujet.
Une carrière qui ne tient qu’à une feuille de salade
Les semaines passèrent.
Mon nouvel ami était heureux.
Jusqu’au jour où une terrible sécheresse frappa la région.
Plus de fleurs.
Plus de fruits.
Plus de tomates.
Je le retrouvai complètement abattu, posé sur le rebord vide d’une jardinière.
— Je vais peut-être devoir faire comme les autres...
Il regardait mon bras avec tristesse.
Je lui tendis.
Il s’approcha.
Il hésita.
Puis il recula.
— Non... Je ne peux pas.
— Je préfère mourir digne.
Je lui offris une tranche de concombre.
Il retrouva immédiatement le sourire.
La fin d’une légende
À la fin de l’été, Gérard disparut.
Les autres moustiques aussi.
Depuis, chaque année, je plante quelques tomates supplémentaires.
Au cas où il reviendrait.
Et lorsque quelqu’un me dit que tous les moustiques piquent les humains, je souris discrètement.
Parce que moi, je connais l’exception.
Alors, si un soir d’été vous apercevez un moustique posé sur une tomate plutôt que sur votre bras, ne le chassez pas.
Il est peut-être simplement venu dîner.
Conclusion
On raconte souvent que les moustiques sont tous les mêmes.
C’est faux.
Il existe peut-être quelque part un petit irréductible qui préfère une tomate bien mûre à votre mollet.
Et franchement, entre perdre une tomate et passer trois jours à se gratter, le choix est vite fait.
« Si un jour un moustique repart avec votre tomate au lieu de votre sang… ne le chassez pas. Il est peut-être végétarien. »
— Gérard, moustique végétarien
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